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 Mot d'octobre

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Fraisy
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MessageSujet: Mot d'octobre   Sam 6 Oct 2012 - 19:36

débauche
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W.Bee
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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Jeu 11 Oct 2012 - 19:44

Elle était allongée dans son lit, immobile, forme tremblante dans la pénombre, recroquevillée sur elle-même comme un chien dans la neige. La lumière qui venait de la fenêtre tombait sur le contour de ses cuisses et décrivait un labyrinthe aventureux de contrastes et de couleurs. Quand une voiture passait, un instant la lueur de ses feux éclairait son visage, puis ce faisceau parcourait ses épaules décharnées, sa poitrine presque plate, son ventre creux et ses jambes sans saveur, avant de s'évanouir comme le goût fade d'un aliment bon marché. Elle restait là, prostrée, contemplant de ses yeux clairs la fenêtre entrouverte, dont parfois le battant bougeant imperceptiblement, poussé par une brise qu'elle ne sentait même pas. Elle ne voulait plus bouger, depuis longtemps elle ne bougeait plus, et il n'était pas exclu qu'elle reste là jusqu'à en mourir, à en mourir de froid, de tremblement et de désespoir. Elle se demandait parfois si on pouvait mourir de désespoir. Plusieurs fois elle avait cru que ça allait arriver. Quand la douleur était telle, ne devait-on pas au bout d'un temps ne plus la supporter ? Mais elle la supportait encore, jusqu'à maintenant, et elle la supporterait sans doute encore pendant longtemps. Elle avait finalement compris qu'elle ne serait jamais la même personne que quelqu'un d'autre. Alors quel sens y avait-il à tout cela ? Quoi qu'elle fasse, elle ne pourrait pas se fondre en quelqu'un, devenir quelqu'un. Elle serait toujours toute seule. Elle savoura le goût âcre de ces pensées, l'odeur sauvage de son désespoir et de sa souffrance. Puis elle enfonça sa tête dans l'oreiller et se concentra sur ses muscles relaxés, sur le lit, le matelas doux et moelleux. Sur l'agréable sensation de se fondre dans le lit, de disparaitre dans le lit, d'être avalée par le lit. La chaleur de sa chair qui se propageait aux draps blancs. Le confort extrème de ces couches successives de plumes sous son corps. Elle ressenti encore cette sensation calme quelques minutes, puis sans s'en aperçevoir, s'endormit.

*

En se réveillant le lendemain, elle but. C'était mal et l'enfant le savait, mais elle s'en fichait maintenant... Dans son manteau trop grand elle avait l'air si petite. Les gens dans les rues la regardaient bizarrement. Les rues, putains des beaux quartiers, tellements de clients qu'elles les ont oubliés... Elle était sortie avec l'idée qu'elle irait loin ce jour-là. Si ça devait se passer un jour, c'était ce jour-là. Elle prit tout son argent et marcha jusqu'au soir. Ces putains des faux-bourgs l'abandonnaient bientôt et elle marcha sur une route de campagne, un goudron qui semblait n'avoir jamais connu personne, comme s'il avait poussé du sol à l'image d'une plante meurtrière. Aucune voiture ne vint. Au soir elle se coucha dans une prairie et oublia le temps.

*

Le lendemain elle marchait encore, ses pieds étaient douloureux. Elle ne croisa encore aucune voiture. Tout en avançant elle faisait un rêve éveillé dans lequel Il arrivait soudainement, sortait d'un champ comme un fantôme venu l'effrayer, et la sortait enfin de tout ça, se rappellait enfin d'elle, de sa souffrance. Il ne viendrait jamais et elle le savait. Ces rêveries la tenait en vie depuis trop longtemps déjà. Elle avait déjà du mal à évoquer son visage. La lumière tombait, inébranlable dans sa beauté si simple. Elle était si laide et si grosse ; le soleil la faisait se détester toujours plus.

*

Elle se rendit compte à l'aube du troisième jour qu'elle ne mangeait pas. Elle finit la bouteille dans son sac. Elle fut saoule. Quand avait-elle mit cette bouteille là ? Pourquoi avait-elle même pris ce sac ? elle ne se souvenait plus. Sa mémoire était bizarre et atrophiée comme un phénomène de cirque. Elle marcha sur la route encore un moment, tremblante, si étrange et si petite. L'enfant ne se souvenait plus vraiment de rien. Des fois elle tentait de penser à Lui. C'était quoi Son nom, déjà ? Merde alors... Ah oui, c'est vrai. Sa mémoire était bizarre et atrophiée comme un phénomène de cirque. Au fait, elle n'avait pas déjà pensé ça aujourd'hui ?

*

Elle marchait depuis trois jours et la nuit tombait. Elle était douce-amère. Pas de phares de voiture, mais quelques lampadaires. Elle se sentait bizarrement flottante. Le souvenir d'un lit froid où un jour ou un autre elle avait reposé, carressée par la lumière languissante qui venait de la rue... Quand était-ce advenu ? Sa mémoire était bizarre et atrophiée... Elle n'avait pas déjà pensé ça, au fait ? Non, sûrement que non. Atrophiée comme un phénomène de cirque. Il était presque deux heures du matin lorsqu'au détour d'un virage serré, une voiture écrasa la fille maigre et maladive qui marchait au milieu de la route en délirant à voix haute. Elle oublia tout.
Au fait
Elle n'avait pas déjà pensé ça
L'enfant ?

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Loli
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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Jeu 11 Oct 2012 - 19:53

Je ne vois pas le rapport avec le mot, mais j'adore. C'est vraiment très beau et émouvant, peut-être un peu court pour savourer la chute, mais bravo quand même.

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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Sam 13 Oct 2012 - 19:44

C'est écrit d'une traite, mal relu, il y a sans doute des fautes alors prévenez-moi si vous en voyez. :)


Elle a mis sa robe bleue.
Et lui, la rage au cœur. Il a déjà eu des pulsions meurtrières pour bien moins que ça, bien moins que les mains crasseuses de l’autre sur le tissu trop fin de sa robe bleue.

Allez Marvin, emmène-moi danser, juste une fois, s’il te plaît, tu avais promis que tu m’emmènerais danser !

La musique pulse et le monde tourne, les lumières clignotent et les gens crient, les couples dansent et le fric brille. Une orgie de bêtise, d’oubli, de corps collés-serrés et de boyaux retournés.
Et Marvin ricane, même s’il a envie de hurler, le regard méprisant pour les marionnettes qui s’agitent devant lui en essayant d’oublier que dehors c’est Paris et les doigts crispés sur son verre de bière tiède. Comme il déteste ces inconnus, leur stupidité qui ravive une colère familière, et le reflet de sa rage sur le comptoir lustré. Bientôt il sera ivre, il n’a jamais tenu l’alcool. Peut-être qu’alors il se servira du couteau qu’il sent contre sa poitrine, au fond du blouson, un bon vieux cran d’arrêt pour mettre un peu d’ambiance dans la soirée. Il y a déjà des flaques de pisse et de vomi par terre, pourquoi pas un peu de sang et de cervelle ?

Tu sais pas t’amuser, Marvin, faut toujours que t’essaies de gâcher le bonheur des autres.

Elle passe devant ses yeux. Un instant il croit qu’elle va la narguer mais elle ne tourne même pas la tête pour lui sourire, et c’est encore pire ; il sent une envie de hurler lui monter du fond des entrailles, de quel droit ose-t-elle l’ignorer ? Bordel, elle ne l’a même pas remarqué. Et lui qui se saoule comme un con, parce qu’il n’a rien à faire là, parce qu’il est venu pour elle mais pas avec elle, pas au bon moment, pas à temps pour lui éviter les bras de ce connard aux mains baladeuses qui va la suivre sur le parking à deux heures du matin. Et c’est à cause de lui qu’il a emporté son couteau, au fond les autres il s’en fout, bien sûr qu’ils sont crétins mais quelle importance ? Qu’ils envoient leur vie en l’air s’ils le veulent, même cette musique immonde ne peut pas l’énerver autant que le sourire de cet abruti. Putain.
Une envie folle de lui éclater la gueule sur les enceintes.

Tu crois vraiment être le seul ? Tu crois vraiment que je vais t’attendre toute ma vie ? Alors qu’un mec sympa fait attention à moi, me demande si je veux de lui ? Et tu voudrais que je lui dise non et que je te préfère toi ? Sachant que t’es même pas foutu de me dire ne serait-ce qu’un mot gentil depuis des mois que j’attends ça ? Tu rêves Marvin, tu rêves.

Il a vidé son huitième verre cul sec, les yeux rivés au couple qui tourbillonne, et brusquement il a envie de vomir parce que le DJ a décidé de passer un slow. Et il ne supporte pas de voir ça, pas plus qu’il ne peut détourner le regard, fasciné par la rage meurtrière qu’il sent palpiter au fond de lui et la montée crescendo d’une bouffée de haine plus intense que ce qu’il a jamais connu. Axelle, son corps de gamine écrasé contre le torse de brute d’un parfait crétin, la taille étranglée entre ses mains gigantesques, qui lui sourit béatement. Bon sang mais elle ne voit pas ? Elle est si aveugle que ça, si conne, si naïve, si stupide, si jeune, si vulnérable ? Ou pire, amoureuse ? Non, il refuse d’y croire, c’est juste de la provocation ; elle ne peut pas être amoureuse d’un mec comme ça, impossible.

Qu’est-ce que tu sais de l’amour, hein ? Toi tu préfères crier et haïr, tu comprendras jamais.

Marvin a envie de hurler, Marvin hurle, Marvin perd la tête dans cette foule de mannequins aux sourires préfabriqués. Il va te faire du mal, Axelle, te voler ton innocence et te briser le cœur, te salir, te violer, te refiler le SIDA, ouvre les yeux petite conne, il ne t’aimera jamais comme moi, il n’aimera jamais ta robe bleue, il crève juste d’envie de la soulever, pourquoi tu ne vois pas ?

Laisse-moi tranquille, Marvin. J’ai compris, d’accord ? T’es pas le genre de mec avec qui on danse, dont on peut tomber amoureuse. T’es trop en colère. Je ne veux plus de toi dans ma vie, je veux un vrai amour, je veux un prince charmant, pas quelqu’un qui ne fait que crier. S’il te plaît, arrête-toi là. Va-t’en. Tu en as assez fait.

Et soudain le mec est devant lui. Marvin ne réfléchit pas, il ne se servira pas du couteau, c’est bon pour les lâches, un grand coup de poing en pleine gueule, il entend l’os craquer, un flot de sang qui se déverse sur le T-shirt blanc –je vais te faire bouffer tes dents fils de pute !
« Marvin ! »
Il se prend un uppercut dans la tronche, elle hurle, il en rend deux, un corps qui l’écrase, le sol contre sa tête ou bien l’inverse et l’impact qui le sonne une demi-minute, la foule qui s’écarte en criant, la robe bleue d’Axelle dans son champ de vision –ne la touche pas espèce de fumier !
« Marvin, arrête ! »
Il n’arrête pas. Il a mal, il voit flou, le monde penche, sa mâchoire l’élance, il continue à frapper devant lui comme un homme aveugle, s’acharne, chaque coup lui fait mal aux phalanges, ce mec est en béton, en pierre, bien trop fort pour lui, bien trop dur pour Axelle, il l’aurait broyée, écrasée, étouffée –éloigne-toi d’elle j’ai dit !
« Marvin, STOP ! »
Axelle s’est interposée. Silence de fin du monde. Puis elle murmure.

Je suis désolée, désolée, désolée. Je t’ai menti.

Il n’entend pas, il ne voit qu’elle devant ses poings, abritant le visage du mec avec qui elle dansait. C’est comme un coup aux tripes, sa robe bleue entre lui et l’autre crétin. Elle veut le protéger, son géant au sourire stupide ? Elle y tient vraiment ?
Il titube. Moins pour la douleur que pour le visage ravagé de larmes qui lui fait face. Elle sanglote, c’est sa faute, putain, pourquoi a-t-il encore foiré ? Parce qu’il l’aime trop, sa gamine aux yeux d’océan, ou parce qu’il ne l’avouera jamais ?

C’était faux. C’était un mensonge. J’ai jamais pu aimer personne d’autre.

Elle se précipite contre lui, il ouvre instinctivement les bras et les referme sur son corps frêle. Ses épaules sont secouées par les sanglots, elle enfouit la tête dans son cou. Il lui caresse les cheveux.
« Putain, Axelle, ne fais plus jamais ça. Plus jamais, d’accord ? »
Elle renifle. Il n’y a rien à dire, il la tient serrée contre elle et ils savent tous les deux qu’il ne la laissera jamais repartir, lui filer entre les doigts pour aller s’abîmer avec de genre de mec. Alors ils rient ensemble de ce ramassis de conneries, les gens incrédules qui les entourent, tirés de leur île de débauche par quelque chose qu’ils ne comprendront jamais. Ils rient parce que c’est absurde et drôle. Parce que les uppercuts lui ont fait une sale gueule, abîmée et violette, qu’elle soignera tendrement avec ses doigts de petite fille.

Parce qu’il ne l’emmènera jamais danser.

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Dernière édition par Loli le Lun 15 Oct 2012 - 13:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Dim 14 Oct 2012 - 19:14

Loli tu me saoules avec tes textes ils sont trop bien écrits ça me désespère
Et j'ai pas vu de fautes.

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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Dim 14 Oct 2012 - 21:13

W. Bee :
"Puis elle enfonça sa tête dans l'oreiller et se concentra sur ses muscles relaxés, sur le lit, le matelas doux et moelleux. Sur l'agréable sensation de se fondre dans le lit, de disparaitre dans le lit, d'être avalée par le lit."
> Les répétitions du mot lit dans la deuxième phrase font maitrisés, ça le fait. Mais je trouve que répéter "lit" dans la première phrase ça fait trop :/
Oh le choc :o ta chute est géniale :o
Elle arrive comme ça, on lit tranquille "oh tiens elle est saoule" et là paf. En plus tu avais juste le bon registre pour l'exprimer, ni sentimental, ni trop extérieur. Juste inexpressif. J'aime !

Loli :
"Tu sais pas t’amuser, Marvin, faut toujours que t’essaies toujours de gâcher le bonheur des autres."
> Répétition
"Sachant que t’es même pas foutu de me dire ne serait-ce qu’un mot gentil depuis des mois que j’attends ça"
> j'aime pas trop la tournure de la phrase, mais c'est sans doute une question de goût :P

Sinon c'est parfait :o J'aime trop le personnage gars, on le déteste et c'est touchant. il n'a aucun respect mais l'amour lui est tombé dessus. J'adore :P

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Andy. A Noël t'avais dit que y aurait tout le monde.
Andy. J'aime pas quand tu mens.

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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Lun 15 Oct 2012 - 13:40

Merciii Kyah (Même si je trouve ce compliment un peu abusif venant de toi, Bee. Je ressens exactement la même chose avec tes textes XD)
J'ai corrigé les deux toujours, le reste je laisse comme ça.

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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Ven 19 Oct 2012 - 19:30

Moi je dis je vous déteste toutes alors ne vous plaignez pas ! Magie
J'ai adoré vos textes Lover
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MessageSujet: Re: Mot d'octobre   Aujourd'hui à 22:45

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