Les Brodeurs de Mots

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 Mot de mars

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Loli
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MessageSujet: Mot de mars   Ven 1 Mar 2013 - 17:32

Menteur

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Rien n'était résolu quand le combat était fini, mais plus rien n'avait d'importance.
Chuck Palahniuk
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Cabélyst
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MessageSujet: Re: Mot de mars   Ven 1 Mar 2013 - 18:24

Oooh je sens que ça va m'inspirer ça. En plus je prends le train dans 50 min, je vais pouvoir y réfléchir à loisir.

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Image de base par Sakimichan.
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Loli
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MessageSujet: Re: Mot de mars   Ven 1 Mar 2013 - 20:37

Contente pour toi alors :D

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Rien n'était résolu quand le combat était fini, mais plus rien n'avait d'importance.
Chuck Palahniuk
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W.Bee
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MessageSujet: Re: Mot de mars   Mar 26 Mar 2013 - 21:51

Une aventure bien désagréable et, au final, un texte médiocre. Au moins j'écris pour la première fois depuis environ 3 mois. Cool.



Tout d'abord il faut ouvrir la porte du couloir. J'ai l'habitude d'y aller, même si ça fait longtemps, maintenant. Je n'écris plus rien. C'est la faute du Menteur. C'est tellement dur de me rendre compte que tout vient de là, que tout vient toujours de là, que tout vient toujours du Menteur. Mais je ne suis pas là pour déblatérer toujours les mêmes rengaines à son propos. Il faut raconter une histoire. Au moins un semblant d'histoire. La poignée de porte glisse entre mes doigts.
Un.
Deux.
Trois.
J'ouvre la porte. C'est une vieille technique, le "un, deux, trois". J'ai plein de techniques. Les techniques pour se lever, les techniques pour manger, les techniques pour ne pas manger, les techniques pour marcher, les techniques pour monter les escaliers, les techniques pour se coucher, les techniques pour te parler, c'est tellement difficile d'être moi. Y'a aussi la technique des yeux et de dix mais celle-là est inefficace. J'ai essayé de récupérer le Menteur avec, mais que voulez-vous, les miracles, ça n'existe pas.
Tiens, la porte s'est ouverte, cette fois. Je savais bien qu'elle le ferait. Elle le fait toujours. Tout vient toujours du couloir.
Je rentre. J'ai une lampe de poche dans la main. Je l'ai ammenée car cette fois, je sais ce que je fais ici. Oui, j'ai des choses importantes à chercher, et toi, Marc, tu ne pourras pas m'en empêcher. J'ai des choses importantes à faire.
L'envie de m'installer dans la petite chambre au lit bleu me vient, mais je la refoule. Je n'ai rien à faire là. Pas aujourd'hui. J'adore cette chambre mais aujourd'hui, l'histoire ne parlera pas de ce lit, ni de ce type assis devant le bureau.
A ma droite, une autre pièce, la numéro deux, m'appelle. Celle-là, pas besoin d'efforts pour ne pas rentrer dedans. Le sale type maigre dans son coin ne m'a jamais attirée. Les petites filles n'aiment pas les sales types maigres. C'est comme ça. Je résiste à l'envie de vérifier par la fenêtre s'il est toujours là, s'il n'a pas bougé. Je sais qu'il y est - et s'il n'y est plus, je n'ai pas envie de le savoir. Quand il m'aura, que ce soit par suprise, par derrière, et sans douleur. Par pitié, surtout, que je n'ai pas à voir son visage !
Je m'écarte de cette porte. La porte 3 est là. C'est ici que je vais, c'est pour cette porte que j'ai ammené une lampe de poche. La porte quatre et le cheval noir, rien à faire là. La porte 5 et la fille qui écrit, rien à faire là. La porte 8 et la folle enfermée, mieux vaut la laisser verrouillée. Je vais dans la troisième salle.
La main sur la poignée, je pousse doucement le battant. Il s'ouvre en grinçant. Les autres portes ne grinçent pas, mais celle de la salle aux archives, si. Le cercle rassurant de lumière est là. Comme toujours. Et au-delà de lui, les centaines d'étagères, les coffres entrouverts, les papiers sur le sol, les vieux meubles, les jouets d'enfant. Le territoire du chien. La salle aux archives est fichtrement grande, et il y a une étagère quelque part là-dedans consacrée au Menteur. Je n'aurais aucun mal à la trouver. Il y a des choses que je cherche longtemps, là-dedans, mais pas cette étagère-là. Je sors du cercle de lumière que la petite ampoule dispense et allume la lampe de poche.
La première étagère est pleine de dossiers remplis de dessins d'enfants et de constructions primitives. Elle n'est pas du tout intéressante. Je ne lui accorde d'un regard rapide. Je marche vite dans les rangées. Où est cette fichue étagère, déjà ? Quelque part, Marc grogne. Oh ouais, je sais que t'es là, vieux. Je sais que t'es toujours là, tu le seras toujours. Qu'est-ce qu'une petite fille peut bien faire contre un chien ? Je ne sais pas, je cours. Peut-être qu'il n'a pas vraiment peur de la lumière.
Voilà cette fichue étagère. Elle est grande. Je me penche, prend un dossier au hasard. Il faut raconter quelque chose sur le Menteur. Après tout, c'est pourquoi je suis ici. J'ouvre le dossier. Ah, je me souviens de cette scène. C'est la plus évidente. J'aurais dû me souvenir qu'elle est classée dans la pochette verte.

Tout est vert. Il fait nuit. Je suis avec mon père. Et le Menteur, où est-il ? Il n'est pas encore arrivé. Je sais ce qu'il va se passer. Je veux lui parler. Je sors mon téléphone. Il va sonner. Bientôt. Bientôt. Allez, sonne. Et s'il ne sonne pas ? Je ferme les yeux, presse mon index et mon majeur contre chacun d'entre eux cinq fois, en alternant. En tout, dix, c'est le meilleur chiffre. Je peux le faire avec six et huit, mais dix, c'est mieux. Et si ça n'était pas suffisant ? Je fais cent. Je n'aime pas trop faire cent. La dernière fois, j'ai fait cinquante sur chaque paupière et en ouvrant les yeux le monstre était là, et je n'osais plus sortir, et je m'en voulais d'avoir fait cent, surtout pour quelque chose d'aussi ridicule.
Mais je m'égare.
Je fais cent et j'ouvre l'oeil gauche, puis le droit. Jamais les deux en même temps. C'est la technique des yeux et de dix. Je sais pas pourquoi je fais ça. Elle marche toujours.
Sauf quand il s'agit du Menteur.
Mais cette-fois ci, ça marche. Mon téléphone sonne. Je décroche.
"Allo ?"
Je ne sais pas ce qu'il dit. Je ne peux même pas écouter sa voix. Je voudrais avoir un enregistrement de ses paroles, de sa voix, de sa voix à ce moment-là, de sa voix à l'instant où je l'ai aimé pour la première fois. Mais il n'y a pas de dictaphone, juste le dossier vert, et sur les feuilles manuscrites qu'il contient, certains mots sont flous et effacés. Certains sont encore lisibles.
"Je suis raide défoncé"
"Passé à côté de la mort"
"Morte d'inquiétude, refais plus jamais ça"
"Comment ça va ?"
"T'as une belle voix"
"Ne le refais plus"
Je raccroche. La conversation est déjà finie, et je n'ai que quelques bribes d'informations.
Un message pour moi.
"Aime-moi".
C'est déjà trop tard, idiot, déjà trop tard.

Je referme le dossier. C'est tout ce qu'il y a ? Je croyais qu'il y en avais plus. J'en prends un autre.
"Ne me parle plus jamais".
Non, pas celui-là. Pas celui-là pas celui-là pas celui-là pas celui-là pas lui aussi pas celui-ci

Je range ce dossier. Pas intéressant.
"C'est juste ma copine qui s'inquiète de tout."
Celui-là me plait. Mais je ne veux pas le voir aujourd'hui.
Je regarde l'étagère. Je la croyais bien plus remplie, bien plus importante, bien plus grande, mais
"le lever de soleil"
"reste éveillée"
"parle plus jamais"
"un peu
"aime-moi"
"répond pas aux appels"
"passé à côté de la mort"
"personne la plus proche"
"une image de moi"
Mais au final, il n'y a que des bribes de mots, de phrases, de sensations. Je me demande ce que je fais là, à présent. Marc grogne plus proche. Je l'avais oublié. Je devrais sortir. Je n'ai même pas réussi à trouver quoi que ce soit de nouveau. J'attrappe un dossier au hasard et le met sous mon bras. Je cours. Il me suis maintenant, et je le sais, et a-t-il vraiment peur de la lumière, au final ? Je cours. J'ai même pas de ventoline, et je sais bien qu'il m'aura si je ne cours pas, c'était idiot de venir, j'aurais dû m'en douter. Je me retourne mais il est là et il bave et non, fiche-moi la PAIX FICHE MOI LA PAIX LAISSE-MOI TRANQUILLE ME BOUFFE PAS TU M'AS DEJA BOUFFÉ LE BRAS ET LES COTES ET LA PEAU TU M'AS DEJA COUPÉ
COUPÉ LES JAMBES
ELLES SONT
ELLES
JE VOUDRAIS COURIR MAIS
QU'Y-A-T'IL
DANS CE DOSSIER ?

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Fury under the hood, the charge of motherhood, I will never be slowed, will not be caged.
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Loli
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MessageSujet: Re: Mot de mars   Mer 27 Mar 2013 - 16:55

Je ne trouve pas ton texte médiocre du tout. Comme l'autre fois déjà, avec le couloir, tu nous fais immédiatement basculer avec toi dans cet autre univers. Je pense qu'il faut avoir lu ton autre texte pour mieux comprendre car tu ne t'attardes pas vraiment sur le Couloir dans celui-ci, mais j'ai franchement beaucoup aimé. C'est intense et tu as toujours ce style simple, sans fioritures, qui fonctionne tellement bien.
Heureuse de revoir tes textes en tout cas Niark

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Chuck Palahniuk
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MessageSujet: Re: Mot de mars   Aujourd'hui à 22:46

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